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  • MXGP 2009 : INTERVIEW CLEMENT DESALLE …

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    Depuis plusieurs décennies maintenant, les crossmen belges ont pris l’habitude de squatter les podiums à longueur d’année sur la majorité des circuits visités par la caravane du Mondial, et surtout de récupérer en fin de saison, fort logiquement, les couronnes attribuées aux champions dans chacune des trois catégories existantes. Robert, De Coster, Malherbe, Jobé, Geboers, Everts (Harry), Rahier, autant de pilotes célèbres au palmarès impressionnant dont les noms résonnent encore de manière particulière aux oreilles des fans de MX de tout poil… Plus proches de nous, Smets et surtout l’incomparable Everts (Stefan) ont « cannibalisé » pendant une bonne dizaine d’années les compétitions majeures que furent les GP 250 et 500, puis GP MX1 et MX3. Aujourd’hui, la source est (très) loin de se tarir grâce aux calibres de premier plan que sont Ramon, Strybos ou De Dycker, tous prétendants sérieux à l’obtention du sâcre 2009 dans la catégorie reine des 450F. Et pendant qu’une certaine relève se fait les dents en MX2, couvés de près par KTM (Roelants et Van Horebeek), cédant à la mode d’un parcours plus « moderne » et logique en somme, un p’tit jeune fait de la résistance et persiste à s’attaquer directement au plus « gros » morceau en participant depuis quelques saisons déjà au très relevé Mondial MX1. Une tradition plus ou moins « locale » d’ailleurs : souvenez-vous du grand Joel débarquant au début des 90’s pour ses premiers pas en Mondial au milieu des cadors du 500, carrément ! Clément Desalle, quant à lui, semble être un cas « à part », qu’il convenait donc d’aller « cuisiner », afin d’en savoir plus sur un garçon qui s’est clairement révélé en 2008 au guidon d’une Suzuki, et qui entend bien confirmer cette saison son statut de véritable espoir du cross belge (et wallon, pourrait-on rajouter…). Rencontre…

    M.V : Comment s’est finalisé ton transfert de l’inter saison chez Honda LS Motors, alors que tu avais été approché par d’autres équipes, y compris officielle ?

    C.D : Mon team 2008 (Suz Inotec Ortema) ne continuant pas cette année à s’engager en Mondial MX1, j’ai d’abord eu une proposition pour rouler chez Suz Geboers en tant que 3ème pilote ; mais finalement, les japonais n’ayant pas donné suite, et Inotec se focalisant sur le MX2, ce qui ne m’intéressait pas, j’ai laissé de côté la piste Suzuki. J’ai alors eu des contacts avec Kawasaki KRT ; sauf qu’il y avait certains détails qui ne me convenaient pas trop, et qui ne me donnaient pas envie d’aller plus loin. Bon, sinon Aprilia, ce n’est pas la peine d’en parler…Et enfin, j’avais une possibilité de rouler pour Honda LS, un team avec lequel les choses se sont faites assez vites, car cela représentait un bon compromis, avec notamment une moto performante d’origine…

    Justement, sachant qu’il y a déjà Honda Martin et Honda CAS qui bénéficient du soutien direct du Japon, que vas-tu avoir exactement comme aide matérielle pour 2009 ?

    Rien de l’usine, ça, c’est clair. Aucune pièce spéciale de type « factory ». Bon, la 450 CR-F d’origine, comme je l’évoquais, marche vraiment bien, alors…

    Tu peux nous préciser tes partenaires niveau préparation suspensions, moteur et échappement ?

    Pour les suspensions, je vais récupérer rapidement un kit Showa usine, que l’on va tester. Sinon, Doma pour l’échappement, ce qui devrait me permette de développer une ligne qui me convienne tout spécifiquement.

    Sincèrement, ce n’était pas un problème pour toi de refuser un guidon officiel pour rouler au sein d’une structure complètement privée ?

    Non. Quand je vois comment les choses se passent actuellement, cela me convient tout à fait. Surtout que j’ai toujours eu l’habitude de rouler et de travailler sans trop de pression, et là, ce n’est évidemment pas comparable…A ce niveau-là, c’est très important et c’est vraiment un point positif.

    Avec un peu de recul, comment expliques-tu la progression relativement spectaculaire que tu as effectuée en 2008, spécialement en fin d’année ?

    Je pense que j’ai bien progressé sans me blesser, tout en continuant à apprendre en observant les autres. Les choses se sont vraiment faites étape par étape, sans aller trop vite…Et pour le moment, ça marche très bien comme ça…

    Le fait de battre en championnat d’Allemagne fin 2008 des calibres comme Nagl, De Dycker ou Ramon, ça t’a mis en confiance ?

    Oui, bien sûr, ce ne sont tout de même pas les premiers venus ! Du coup, je suis vraiment motivé pour cette année… Et à plus long terme, je sais que je suis capable de réaliser de bonnes choses ; je vais donc essayer de tout mettre en œuvre pour y arriver !

    Quels sont donc tes objectifs pour la saison qui arrive en MX1 ?

    Je n’aime pas trop répondre à ce type de question en donnant une place à la quelle j’aimerais terminer le championnat ; l’objectif est simplement de continuer à progresser en réalisant de bons résultats, je suis quand même là pour ça, mais tout ça sans pression, et surtout si possible, sans blessure ! Personnellement, je fonctionne comme ça.

    Niveau encadrement et préparation physique, est-ce que tu travailles avec quelqu’un en particulier ? Marnicq Bervoets notamment, qui est proche du team LS ?

    Non. Physiquement, j’ai l’habitude de travailler avec mon père, on a toujours bossé ensemble, et cela fonctionne très bien comme ça : il me connaît parfaitement, et je me connais bien également. Je sais donc ce qu’il faut que je travaille plus spécifiquement pour évoluer. Sinon, je dois bientôt passer un test chez Ortema qui devrait me donner des indications complémentaires.

    Aucune collaboration avec Bervoets, alors ?

    Pas pendant la semaine, non. Par contre, sur les courses, il a un regard extérieur intéressant ; il peut par exemple me conseiller sur une trajectoire que je n’aurais pas forcément vu seul…C’est donc plutôt positif.

    A un mois de l’ouverture du Mondial à Faenza, tu en es où de ta préparation physique et technique sur la moto ? Déjà prêt, ou encore des détails à peaufiner ?

    Niveau physique, j’ai bien travaillé durant l’hiver, donc je pense que ça devrait aller. Bon, là, je suis tombé malade, alors que je n’ai rien eu de tout l’hiver ; il fallait que ça arrive maintenant, pendant les courses d’avant-saison…Pas le top, mais ça n’est pas trop grave. J’espère donc être rétabli à 100% pour le premier GP. Concernant la moto, on a encore deux ou trois tests à effectuer, notamment en ce qui concerne les suspensions.

    A Grobbendonk (MX Inter disputé en Belgique entre Mantova et Valence), tu as semblé particulièrement à l’aise (en remportant les deux manches) sur une piste pourtant assez délicate, et où tes principaux adversaires ont pas mal galéré… Comment expliques-tu cette performance où tu n’as pas donné l’impression de forcer ?

    C’est vrai que le terrain était gelé, et qu’il ne fallait pas prendre de risques. Il fallait juste se « contenter » de rouler, de faire acte de présence en quelque sorte ; mais finalement, ça s’est vraiment bien passé pour moi ! J’ai donné le meilleur de moi-même, et cela a visiblement payé…

    OK, merci à toi.

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    Interview et photos réalisées lors du Motocross Inter de Valence par Yann Picut.

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