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  • Tu me files ton numéro ???

    A l’exception notoire du MX des Nations une fois par an, l’essence même du motocross reste la performance individuelle: franchir la ligne d’arrivée avant ses petits camarades de jeu, pointer en tête ne serait-ce qu’au premier virage, dominer ses adversaires, les écraser, ou bien plus jouissif, les laminer, bref pas de place pour les bons sentiments, il s’agit d’être devant, si possible avec la manière, et de ne pas faire de prisonniers. Non mais!

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    Une fois la chose accomplie dans les faits, quoi de plus normal pour le top pilote comme pour le pinpin moyen que d’avoir envie d’exposer à la face du monde sa domination, hein ? Rien, me direz-vous (ou plutôt si, le bizness, mais on en reparlera…). Et dans ces conditions, de quel moyen extrêmement simple le crossman dispose-t-il (ou disposait, c’est selon…) pour afficher fièrement son pedigree sans avoir trop l’air d’en rajouter, j’vous l’demande ?

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    Tout simple: le numéro affiché sur les plaques frontales et latérales de sa bécane, ainsi que celui porté crânement sur le maillot (difficile à louper, car de loin le plus « lisible »), sans oublier enfin, coquetterie ultime, les petits rappels éventuellement présents sur le casquos magnifié par TLD, OCD et autres BS Designs… Après tout, tout champion en titre, fut-il AMA Supercross, de ligue, ou même de sa rue, a le droit légitime de parader en exposant clairement la forcément magnifique performance réalisée la saison précédente, non ?

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    Perso, je trouve qu’il s’agit là du minimum syndical auquel on peut raisonnablement prétendre dans le cadre d’un sport individuel pratiqué « en groupe », tout particulièrement devant des hordes de fans hardcores (s’identifiant à mort…) prêts à tuer père et mère pour soutenir et voir triompher leur « chouchou »…Le meilleur portant le numéro un, récompense suprême d’un dur et fastidieux labeur, normalement, chacun est censé y trouver son compte, et y « retrouver ses petits », les principaux concernés (les pilotes donc), les teams, les constructeurs, les sponsors, la presse, et surtout, car là ça concerne la majorité d’entre nous, le public! Vu comme ça, l’équation paraît limpide.

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    D’ailleurs, comble de l’extase pour vôt’ serviteur, qui a eu le bon goût de s’intéresser sérieusement à ce sport ô combien réjouissant au tout début des nineties, les systèmes de numérotation retenus à la fois en Mondial (125, 250 et 500), en cross US et en championnat de France Elite (pour ne parler que des compétitions « majeures ») à l’époque étaient on ne peut plus logiques et faciles à appréhender pour le novice. A savoir qu’en GP, contrairement à l’usage encore en vigueur peu de temps avant, n’importe quel gonze qui ne changeait pas de catégorie à l’inter-saison, se voyait automatiquement attribuer le numéro qui correspondait à son classement de l’année précédente. Evident certes, mais quand on voit ce qui se pratique aujourd’hui…

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    Du côté des States, on avait droit à un système un peu plus « élaboré », mais d’une logique finalement tout aussi implacable, et qui permettait là aussi de dégager une hiérarchie incontestable, en se basant sur un calcul relativement simple: l’AMA se contentait d’additionner pour chaque rider les points récoltés en une saison dans chaque championnat majeur (SX 250, MX 125, 250 et 500) afin de dresser la liste des 100 meilleurs pilotes locaux (le champion en titre portant quoiqu’il arrive le number one dans sa catégorie), liste valable une année entière évidemment.

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    En France, le regroupement de l’élite nationale le même jour au même endroit (notamment lors des fameuses superfinales) imposa du coup d’adopter un système relativement similaire à celui utilisé aux US, afin d’éviter que deux pilotes roulant dans des catégories différentes ne se retrouvent en piste avec le même numéro, sachant qu’en plus, les mecs changeaient fréquemment de cylindrée (et donc d’adversaires) en fin de saison lorsqu’arrivait le très courru championnat de France SX de l’époque. Le calcul était juste un peu plus compliqué, car il s’agissait de prendre en compte à la fois les performances réalisées sur le plan nationnal comme internationnal, en pondérant ou en majorant celles-ci par des coefficients en fonction du niveau des chacune de ces compétitions. Mais on obtenait au final LA liste qui faisait référence dans l’hexagone une année durant, liste qui contairement à celle établie par l’AMA, ne s’arrêtait d’ailleurs pas aux 100 premiers. Bref, du caviar pour tout MX fan normalement constitué, vous vous en doutez…

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    Pendant près d’une décennie, à chaque fin de saison, ce fut donc la course à la calculatrice pour tenter de savoir avant tout le monde qui allait porter quoi, en France comme aux US, et surtout qui s’était permis de gravir les échelons quatre à quatre et/ou qui s’était pris LE gadin de l’année…Du temps où Camel avait encore le droit de citer dans le milieu du supercross ricain, recevoir la fameuse plaque bleue et jaune était quelque chose d’assez prestigieux… Sinon, 111, 22, 8, 1, ça ne vous évoque rien, par hasard? Ou un peu plus proche de nous, 101, 12, 27, 16, 5 ? Y’aurait du parcours JMB-esque ou Pichon-esque aux States derrière tout ça que ça ne m’étonnerait pas…Des suites de nombres qui permettaient en un coup d’oeil d’apprécier la progression (météorique dans le cas de Jean-Mi) de chaque protagoniste au fil des ans… Chez nous, j’me souviens aussi du « buzz » qui tournait autour de l’attribution du numéro un français: le mec qui le chopait (et même le chipait à Téfli ou Rocket…) n’était pas peu fier en général! Bref, c’était pas rien, et surtout, c’était le bon temps!

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    Pourquoi c’était, me direz-vous? Ben disons qu’aujourd’hui, rien de tout cela n’existe plus, malheureusement…Ni aux US, ni en Mondial, ni en France! La tendance est aux « permanents numbers »! Kézako? Une pure ineptie « voulue » par d’obscures têtes « bien pensantes » de l’AMA au départ, c’est à dire y’a maintenant un p’tit bout de temps, fin 2000 pour être exact. Fini le gain du « single digit number » au mérite, bonjour le numéro quasiment attribué à vie! Officiellement, et d’ailleurs il faut souligner qu’au pays où le Dollar est roi, personne n’a cherché à dissimuler les véritables raisons qui ont motivé ce choix pour le moins discutable, il fallait donner priorité absolue aux sacro-saintes contraintes du Marketing, eh ouais! D’où les désormais « classiques » RC4, DV12 et autres TP199…

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    Pour faire simple, à l’origine, les champions AMA devaient récupérer un numéro « ad vitam eternam » de 2 à 9; leurs plus proches rivaux (cad ceux ayant terminé dans le top ten d’une compétion SX ou MX majeure) étaient censé prendre les #10 à 20; enfin, tous les autres se retrouvaient classés ensuite selon l’ancien système en vigueur. Déjà pas très clair au départ (…), le « truc » s’est très vite retrouvé complêtement perverti dès l’instant où la fédé US a autorisé n’importe quel rider un tant soi peu « connu » à récupérer puis conserver un « permanent number » de son choix (jusqu’à 999!) aussi longtemps qu’il lui plaira… Remember les 259, 800, et autres 917…Là où ça s’est encore un peu plus obscurci, c’est lorsque certains (et non des moindres, suivez mon regard…) ont décidé, que finalement, tout ça n’était peut-être pas assez « glamour », et qu’il était grand temps de se la péter avec un numéro « digne de ce nom ». Avec la bénédiction de l’AMA (et des annonceurs) bien évidemment… Du coup, la chose est désormais devenue quasiment « incompréhensible » et dépourvue de la moindre logique pour l’amateur du dimanche, et peut-être même pour le fan éclairé, c’est dire…

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    Mais le pire dans cette « dramatique » histoire, c’est que comme de bien entendu, ce cher GL et ses «p’tits camarades » de chez Youthstream n’ont pas pu s’empêcher de tenter d’appliquer la recette (pourtant peu ragoûtante) à la sauce GP, vous pensez bien, le modèle US, ça fait rêver, et si ça pouvait par la même occasion apporter un peu de crédit au Mondial en passant, hein, y z’allaient pas s’en priver, les bougres…Avec un résultat des plus chaotiques là aussi, puisque les quelques règles énoncées au tout début n’ont très vite plus été respectées, laissant les fans, et plus ahurissant encore, certains pilotes dans l’incompréhension la plus totale (cf les différents numéros portés par Coppins ces dernières saisons, du grand n’importe quoi…).

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    Et étonamment, sans doute par effet de ricochet (?), soyons naifs, la FFM, a elle aussi « récupéré » cette fausse bonne idée, puisque désormais, c’est devenu un classique, tous les pilotes qui évoluent en Mondial conservent leur numéro attribués par YS en championnat de France Elite! Cherchez l’erreur! Et comble du comble, plus personne ne se bouscule nulle part, ni pour les « petits » numéros, autrefois signes de domination et/ou de saison « pleine », ni pour le seul et unique numéro que jadis tout le monde s’arrachait, à savoir le #1, semble-til boudé par toutes les stars de la discipline! Incompréhensible, et surtout fort regrettable…La hiérarchie, elle est où, là-dedans, hum ? Dans les tablettes de la FIM certes, mais ça, tout le monde s’en cague…

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    Résultat des courses, en ce début d’année 2008, sans doute pour pouvoir mieux vivre l’interminable attente que représente chaque hiver l’inter-saison, j’ai décidé de faire de la résistance! J’annonce donc LE truc que d’aucuns qualifieront de « branlette intellectuelle », et que d’autres trouveront parfaitement futile, mais tant pis, ou plutôt tant mieux, j’assume, je me suis « dépouillé » (avec l’aide d’un certain Tonylamalte) pour vous « sortir » quelque choe qui tienne la route en terme de hiérarchie 08 ricaine et française, yep!

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    En premier lieu, l’établissement d’un très subjectif top 25 hexagonal basé sur la performance pure. L’objectif était de déterminer un classement le plus “réaliste” possible, en se basant sur les résultats internationaux qui ont compté en 2007 (MX1, MX2, MX3 et Outdoor US).

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    Le principe? Tout simple : calculer la moyenne de points marqués par manche disputée et par pilote… A noter que les courses non effectuées pour cause de blessure n’ont pas été comptabilisées. Par contre, pour des raisons évidentes de faisabilité, il n’était pas question de regarder au cas par cas les éventuels problèmes mécaniques rencontrés par les uns ou les autres de manière sporadique…

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    Restait le cas “épineux” du véritable niveau du Mondial MX3 dans tout ça… En s’en tenant aux simples chiffres, Téfli aurait été numéro 1 français, ce qui, bien entendu, aurait été une pure hérésie (’scuse-moi, Yves…). Merci donc à Pela d’avoir roulé aussi bien en MX1 qu’en MX3 cette saison (cf sa pige à Brou), ce qui m’a permis de trouver le coefficient à appliquer aux pilotes MX3 afin de les intégrer “objectivement” à la longue liste de leurs collègues évoluant dans les catégories “supérieures”…

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    J’ai donc « tout simplement » divisé le résultat trouvé pour les pilotes MX3 (Demaria, Martin, Coisy, Pichon et Renet) par 2,94 …Et ça correspond à quoi ?Au rapport chiffré entre la moyenne trouvé pour Renet en MX1 d’une part, et en MX3 d’autre part (Pela étant le seul de la liste à avoir roulé dans les deux championnats) …

    medium_Martin_48.JPG

    Le résultat final (fort instructif, cela va sans dire, lol…) est donc le suivant :

    1. Pourcel C. 18,17
    2. Pourcel S. 14,63
    3. Leuret 14,55
    4. Vuillemin 12,18
    5. Aubin 11,93
    6. Boog 7,82
    7. Boissière 6,86
    8. Demaria 6,84
    9. Tarroux 5,71
    10. Pichon 5,67
    11. Renet 5,61
    12. Martin 5,53
    13. Coisy 5,38
    14. Paulin 5,17
    15. Musquin 4,75
    16. Boniface 4
    17. Frossard 3,55
    18. Vongsana 3
    19. Allier 2,71
    20. Vanni 2,63
    21. Méo 1,75
    22. Coulon 1,04
    23. Léonce 0.83
    24. Aranda 0.8
    25. Richier 0

    Détail des calculs (pour les plus pointilleux):

    1.Pourcel C. 18,17 (436/24)
    2. Pourcel S. 14,63 (439/30)
    3. Leuret 14,55 (320/22)
    4. Vuillemin 12,18 (207/17)
    5. Aubin 11,93 (358/30)
    6. Boog 7,82 (219/28)
    7. Boissière 6,86 (192/28)
    8. Demaria 6,84 (563/28) /2,94
    9. Tarroux 5,71 (160/28)
    10. Pichon 5,67 (50/3) /2,94
    11. Renet 5,61 (157/28) et (33/2) /2,94
    12. Martin 5,53 (260/16) /2,94
    13. Coisy 5,38 (190/12) /2,94
    14. Paulin 5,17 (62/12)
    15. Musquin 4,75 (19/4)
    16. Boniface 4 (96/24)
    17. Frossard 3,55 (71/20)
    18. Vongsana 3 (6/2)
    19. Allier 2,71 (65/24)
    20. Vanni 2,63 (42/16)
    21. Méo 1,75 (14/8)
    22. Coulon 1,04 (29/28)
    23. Léonce 0.83 (5/6)
    24. Aranda 0.8 (16/20)
    25. Richier 0 (0/2)

    Ensuite, pour faire « bonne mesure », un classement établi à l’aide d’un logiciel, comme à la « grande époque », en fonction des points marqués en GP, EMX, Championnat de France Elite et Junior. Ce coup-ci, les pilotes ayant roulé dans les championnats nationaux étrangers n’apparaissent pas.

    1 Pourcel.S 4562
    2 Aubin.N 4106
    3 Pourcel.C 3929
    4 Leuret.P 3250
    5 Demaria.Y 2815
    6 Boog.X 2775
    7 Boissiere.A 2670
    8 Tarroux.J 2312
    9 Musquin.M 2284
    10 Paulin.G 2108
    11 Renet.PA 2069
    12 Vongsana.K 2045
    13 Martin.C 1666
    14 Coisy.B 1475
    15 Frossard.S 1294
    16 Rombaut.L 1294
    17 Pichon.M 1270
    18 Soubeyras.C 1153
    19 Lesage.M 1142
    20 Larrieu.L 1047
    21 Allier.T 1030
    22 Coulon.C 898
    23 Vanni.J 852
    24 Dagod.H 822
    25 Bellino.M 763

    (Copyright Tonylamalte from MX2K.)

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    Enfin, « last but not least », la liste « officieuse » que l’AMA aurait dû pondre fin 2007 si rien n’avait changé, cad la numérotation virtuelle 2008, grâce à l’ancien mode de calcul, en additionnant « bêtement » les points chopés en SX 450F, MX 250F et 450F ( uniquement les 50 meilleurs, faudrait quand même pas pousser…).

    medium_Villopoto_1.2.jpeg

    1. Stewart (SX 450F)
    1. Langston (MX 450F)
    1. Villopoto (MX 250F)
    1. Townley (SX 250F East)
    1. Villopoto (SX 250F West)

    2. Ferry 693
    3. Stewart 675
    4. Windham 603
    5. Villopoto 544
    6. Townley 525
    7. Langston 505
    8. Short 498
    9. Carmichael 451
    10. Alessi 423
    11. Byrne 419
    12. Vuillemin 403
    13. Tedesco 395
    14. Reed 372
    15. Grant 346
    16. Lawrence 277
    17. Summey 276
    18. Dungey 267
    19. Millsaps 265
    20. Weimer 255
    21. Metcalfe 242
    22. Hahn 220
    23. Gracyk 218
    24. Davalos 203
    25. Tickle 201
    26. Chisholm 196
    27. Hepler 190
    28. Hill 182
    29. Thomas 177
    30. Voss 160
    31. McFarlane 157
    32. Clark 156
    33. Goerke 153
    34. Lewis 144
    35. Carpenter 143
    36. Gibson 118
    37. Adams 116
    38. Kiniry 110
    39. Wey 109
    40. Rodrigues 108
    41. Alessi J. 108
    42. Canard 98
    43. Preston 98
    44. Boniface 96
    45. Gosselaar 93
    46. Stroupe 82
    47. Lemoine 82
    48. Siebler 78
    49. Izzi 76
    50. Balbi 73
    51. Ramsey 67

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    Où l’on remarque que, joli pied de nez du hasard pour nous autres frenchies, le seul pilote de ce top 50 à porter cette année son « véritable » numéro n’est autre que le gars DV! Rien que pour ça, je dis bravo, David…

    Photos motoverte.com, racerxill.com et vitalmx.com