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  • French et Euro SX : état des lieux fin 2007…

    Bon, je ne sais pas si c’est l’âge (inexorablement, les années passent..), la météo pourrie (euh, fausse excuse pour un SX…), l’ambiance maussade, ou carrément, n’ayons pas peur d’y aller franco, le fait d’être (pourquoi pas ?) tout simplement « blasé », mais là, franchement, cette édition 2007 du SX de Grenoble n’aura dramatiquement pas réussi à me provoquer ne serait-ce que la moitié du quart d’un soubresaut d’une érection crossiste, et je reste poli…Ah si, en étant tout à fait honnête, y’a bien eu un moment ou deux où ce qui se passait sur la piste m’a finalement sorti de ma torpeur : le show démentiel proposé par nos amis qui se mettent la tête (et le reste) à l’envers. Un comble pour vôtre serviteur dont le FMX n’a jamais vraiment été la tasse de thé! Mais là, tout de même, force est de reconnaître qu’en l’espace de quelques années, le niveau des figures a carrément atteint des proportions hallucinantes pour le commun des mortels, un truc à vous faire froid dans le dos…mais à faire sérieusement remonter la température niveau ambiance, décibels et applaudimètre… Question spectacle, le Freestyle se pose là, indiscutablement. Mais, car il y a un mais, ce n’est pas de la « Raaace », eh non…medium_coulon_bercy.2.JPG

    A la réflexion, je crois savoir, même si ça fait un peu mal de se l’avouer, pourquoi j’ai bien failli m’endormir (j’exagère, mais à peine…) entre chaque session de Freestyle. L’intensité des courses, m’sieur-dames, j’vois que ça ! Inexistante, ou presque. Un p’tit coup de Coulon supersonique dans les whoops par ci, un p’tit coup de waaak du jeune corse du team MD par là, et pour finir, une prestation (presque) réjouissante du gars Marvin en Superfinale, et pis c’est tout ! Maigre, comme butin, c’est rien de le dire… Alors certes, c’est la fin de saison, mais quand même, ça n’explique pas tout. Vous me direz, la base pour espérer (et encore, ça fonctionne pas à tous les coups) assister à des manches disputées, où blockpass virils riment avec t-bones assassins et changements de leaders incessants, le truc où vous vous surprenez à gueuler, debout, le poing vengeur et la rétine décollée, la base donc, c’est la densité du plateau pilotes proposé. Elémentaire, mon cher Jean-Luc ! Enfin, élémentaire, pas tant que ça…Grosse galère, plutôt, oui ! D’autant que, clairement, la situation ne semble pas aller en s’améliorant, c’est un fait : pour cette fin de saison « rhône-alpienne » (la tournée Grenoble/Lyon), les têtes d’affiche de ce SX Tour 2007 se nomment Coisy, Musquin, Coulon, Martin, Soubeyras, Demartis et Rouis, point. En dehors, pas de salut. Qui a dit « chiche » ? Sans trop en rajouter, je dirais que dans les pires périodes de vaches maigres, j’ai pas souvenir d’avoir assisté à un tel « désastre »…Bon, comme d’hab’, nombreux sont ceux qui, au fil des épreuves, rejoignent le banc de touche sur blessure, rien d’étonnant, la saison a été longue, c’est la loi du genre. Mais les autres, y sont où, hein?medium_musquin_bercy.2.JPG

    Ben, y sont pas là. Tiens, les autres, au fait, c’est qui? Au hasard, la quasi-totalité des cadors qui évoluent d’avril à septembre en Mondial MX1 et MX2, voire même en championnat d’Europe ou en MX3! Et alors, ce serait quoi le problème, c’est plus assez « tendance » de rouler en SX dans les « stades » français, ou quoi? Cette année peut-être encore davantage, l’évidence est là, froide, implacable: le SX Tour est déserté par nos tops pilotes…Excepté Bercy, qui conserve bon an, mal an, une partie de son attrait originel, et qui continue donc de faire « fantasmer » la nouvelle génération de crossmen tricolores, on n’aura absolument pas vu dans les salles les p’tits gars qu’on suit pourtant régulièrement de près le dimanche aprem’ sur AB ou sur le net pendant quasiment 6 mois de l’année… Pourcel, Renet, Allier, Vanni, Léonce, Aubin, Leuret, Boog, Boissière, Tarroux, Frossard, Richier, Aranda, Paulin, Vongsana, Alletru, Marillier, Larrieu, Teillet, sans oublier Demaria (excusé vu son âge cannonique, lol!), la liste est longue (une vingtaine) et tristement impressionnante. Que des jeunes loups aux dents à priori assez longues qui sont censées rayer le parquet…Et pourtant…medium_Aubin_Bercy.2.JPG

    Il est vrai que dernièrement, la multiplication des épreuves et des championnats à travers toute l’Europe n’arrange rien, loin s’en faut, car le calendrier n’étant pas extensible, il y a de plus en plus de concurrences de dates, un phénomène qui « amaigri » considérablement les grilles de départ, en quantité comme en qualité. Le sommet a quand même été atteint le WE des 9 et 10 novembre dernier, puisque en parallèle de l’épreuve « reine » de Bercy se disputaient 3 autres SX pour le moins importants en Allemagne (Stuttgart), en Italie (Milan, championnat d’Europe) et en Espagne (Madrid)!!! Là, franchement, on marche sur la tête, hein… Désolant tout de même que les organisateurs ne puissent pas (plus?) arriver à se mettre un minimum d’accord, vu qu’au final, tout le monde en pâtit…medium_pourcel_bercy.2.JPG

    Y’a de toute façon un énorme paradoxe qui m’a sauté aux yeux en cette fin de saison: dans l’aspi de la fameuse « génération dorée » qui a notamment sévit dans la seconde moitié des années 90, aujourd’hui, le but ultime du moindre frenchie un minimum doué (et donc au palmarès émergeant) reste de faire carrière aux US, utilisant dans un premier temps ce qui se passe de ce côté-ci de l’Atlantique comme un tremplin, une étape, quoi… L’objectif est louable, seulement, les moyens mis en oeuvre pour y parvenir me semblent de plus en plus discutables. Comme chacun sait, qui dit cross US dit obligatoirement pratique du SX de (très) haut niveau. A l’heure actuelle, et après les traces laissées par certains de nos expatriés depuis quelques années (à juste titre ou non, d’ailleurs), il est devenu extrèmement compliqué de décrocher un bon guidon chez l’Oncle Sam (sauf si l’on se nomme Cee-Pee, mais ça laisse pas beaucoup de marge…). A l’Ouest, le Frenchie n’est plus « bankable », c’est un fait. La logique voudrait donc que la plupart de ces garçons qui ne se voient pas faire long feu en Europe mettent toutes les chances de leur côté et les bouchées doubles pour s’approcher du niveau requis en SX pour espérer bien figurer, et donc « claquer » ici ou là quelques perfs suffisamment significatives pour attirer l’attention des décideurs US les plus influents. Et pour en arriver là, pas de mystère, faut rouler, rouler, et encore rouler…A l’entrainement comme en compétition. Et alors là, y’a comme qui dirait un léger malaise! Clairement, on a aujourd’hui l’impression que jouer sérieusement sur les deux tableaux (MX et SX) dans nôtre bonne vieille Europe relève de l’exercice de style, y compris pour nos frenchies, pourtant baignés depuis toujours (ou presque…) dans une certaine culture supercross. Sans vouloir être trop réducteur, seuls 3 pilotes sont plus ou moins sortis du lot sur cette campagne du SX Tour 2007: Coisy, Coulon et Musquin (le cadet). Or, excepté Marvin (et encore, il faisait l’Europe), on se rend bien compte que pour en être arrivés là en cette fin de saison, Benjamin et Cyrille ont « sacrifié » leur seconde partie de parcours en Mondial au profit d’un entrainement plus « intensif » en SX… Est-ce à dire que faire partie de l’élite mondiale (en Europe) et envisager pour de bon de préparer un départ pour les States dans de bonnes conditions ne sont plus deux paramètres conciliables? Fort possible… Et le phénomène n’est pas nouveau. Il faut dire que la tendance, du côté des teams managers sévissant en GP, qu’ils soient flamands, britanniques ou ritals, et ce depuis un petit moment déjà, est plutôt à la frilosité (et c’est un doux euphémisme) lorsque l’on évoque la question des indoors de l’inter-saison… Ainsi, certains de nos top-guns ont réellement toutes les peines du monde à obtenir ne serait-ce que le matos qui va bien pour rouler en SX de la part de leur team; d’autres se voient carrément refuser tout net le droit de simplement s’entrainer sur un terrain de supercross! Du coup, chaque année à l’approche de Bercy, on a droit aux grandes déclarations, du style, au hasard, « je me suis entrainé à bloc ces derniers temps, ça devrait le faire au POPB! » suivi de propos en général nettement plus nuancés(…) une fois la classique parisienne terminée, genre « euh, finalement, ma préparation n’était peut-être pas suffisante, je n’ai roulé que 2 demi-journées à l’entrainement dans la semaine, avec des suspensions mal réglées, donc impossible de faire mieux. Mais l’année prochaine… » Bon, je force un peu le trait, là, mais pas tant que ça, en vérité…medium_paulin_bercy.2.JPG

    Entendons-nous bien: précisément, ce que je remets en cause, en essayant de prendre en considération un maximum de paramètres, c’est l’inadéquation des moyens mis en oeuvre par rapport aux objectifs envisagés. Seulement, à défaut de pouvoir réellement se les donner, ces fameux moyens, c’est peut-être le discours, et donc les plans de carrière à long terme, qu’il faudrait revoir…Un chouia de réalisme en plus ne serait pas forcément un mal. Accepter l’idée de ne (peut-être) jamais faire carrière aux US n’a rien de déshonorant. Certains d’ailleurs semblent se faire tout doucement à cette éventualité. Un titre mondial MX1 ou MX2, ce n’est pourtant pas de la merde! Après tout, l’ère post-JMB (et ses effets ultra-bénéfiques), on commence à s’en éloigner sérieusement. Est-il aujourd’hui encore « raisonnable » d’imaginer qu’en motocross, un parcours sportif (j’ai bien dit sportif, pas financier) réussi passe nécesssairement par une expérience américaine, en devant se « contenter » (parfois à contre-coeur), lorsque l’on a atteint le top-niveau en France et en Europe, de « roulotter » très irrégulièrement en SX? Rien n’est moins sûr… Lorsque l’on voit un Benji incontestablement au top sur une 450 faire plus que ses preuves de Bercy à Genève en passant par Barcelone face à quelques-uns des tous meilleurs spécialistes US, et ne pas rencontrer plus d’écho que ça outre-atlantique, il est évident que cela fait réfléchir…La réalité actuelle est bien celle-là, et on ne voit pas trop dans ces conditions comment une majorité de jeunes crossmen tricolores peuvent continuer à espérer percer aux States sans se faire de vaines illusions…medium_Coisy_Bercy.2.JPG

    Du coup, la pratique du SX en France comme en Europe pourrait plutôt, sportivement parlant, être envisagée comme l’occasion de progresser techniquement par exemple, une sorte de « complément » à un entrainement plus classique, afin d’être au final plus performant et donc plus rapide en … motocross! Sans oublier la possibilité de mettre « du beurre dans les épinards » pour la plupart des riders (le SX Tour faisant quasiment salle comble à chaque fois), car comme chacun sait, les temps sont durs, merci Youthstream. Tout ça se tient, non? Et puis ce pourrait être l’opportunité de conserver encore quelque temps, pourquoi pas, un petit avantage sur la concurrence européenne et de l’hémisphère sud (même si cela risque de ne pas durer avec la mise en place d’une série de SX australiens sous la coupe de Chad Reed himself dès l’automne 2008) en Mondial MX1 et 2, voire même en championnat d’Europe. Sans oublier qu’une telle approche permettrait peut-être(?) d’éviter des blessures parfois relativement handicapantes en terme de préparation hivernale à des pilotes qui se mettent à l’évidence trop de pression dans une discipline qu’ils ne pratiquent que trop peu et qui, surtout, n’est absolument pas leur objectif prioritaire… Enfin bref, on n’est pas loin du serpent qui se mord la queue, sachant que le contexte, on l’a vu, n’est pas spécialement favorable pour que le MX tricolore sorte de cette « impasse » et trouve à nouveau des ouvertures du côté des US. N’est pas DV, Rocket ou Ronron qui veut, il va bien falloir s’y faire…medium_Renet_Bercy.2.JPG

    Et dans ce contexte plutôt « délicat », il faut malgré tout se réjouir que les Fouchet Bros, pourtant pas ménagés par les emmerdes (…), continuent encore et toujours, contre vents et marées, d’avoir la Foi. Ah ça, on peut pas dire qu’ils se démènent pas, chez JLFO! A bout de bras, et depuis un bail, qu’ils le portent, leur « bébé »… Entre nous, heureusement, vu qu’avec, on vient d’en causer, c’est déjà pas simple, alors imaginez sans… Vaudrait mieux que ça n’arrive pas; ou alors, le plus tard possible, car, sincèrement, on n’est pas pressé d’en connaître les conséquences…medium_départ_bercy.2.JPG